Hiroshima mon amour

Lui : « Tu n’as rien vu à Hiroshima. Rien. » Elle : « J’ai tout vu. Tout. » Ces premiers mots d’Hiroshima mon amour ont marqué ma rencontre avec Marguerite Duras. Des mots de cette écrivaine, j’en ai lu beaucoup d’autres ensuite. Mais ce livre a gardé un goût particulier, celui de la découverte. Je ne pouvais visiter le Japon sans me rendre à Hiroshima, sans voir Hiroshima. Une évidence. Pour mettre des images sur ces mots.

Au premier abord, Hiroshima surprend. On s’attend à une ville figée dans le temps, tournée vers le passé. Il n’en est rien ! Aujourd’hui, c’est une ville dynamique, avec un port actif et une vraie vie nocturne. Pourtant, le 6 août 1945, à 8 h 15, la première bombe atomique explosa à 580 mètres du sol, à la verticale de l’hôpital Shima situé au cœur de l’agglomération. Le ciel est alors déchiré par un flash lumineux et une explosion terrifiante. Un nuage de poussière en forme de champignon s’élève au dessus de l’horizon. L’explosion, équivalant à 15 000 tonnes de TNT, rase instantanément la ville. Sur les 350 000 habitants et militaires présents lors de l’attaque, 80 000 personnes sont tuées sur le coup. Dans les semaines qui suivent, plus de 60 000 personnes supplémentaires meurent. 92 % des bâtiments sont complétement détruits. Le spectacle est cauchemardesque.

Les effets secondaires des radiations seront également terribles : perte de cheveux, anémie, hémorragies internes, malformations à la naissance… Par la suite, de nombreux irradiés moururent de cancers, leucémies et autres maladies. Réduite en cendres, la ville réussit pourtant à se relever et dès 1949, Hiroshima fut proclamée « Cité de la paix » par le Parlement japonais. Et si aujourd’hui, Hiroshima est une ville dynamique à l’image d’autres villes japonaise, elle n’a pas perdu la mémoire, et continue d’honorer les disparus.

Le Dôme de la bombe atomique

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Situé à l’épicentre de l’explosion, le dôme de la bombe atomique est le seul bâtiment qui subsiste en mémoire de cette tragédie. Construit en 1915 dans un style européen, il servait de palais d’exposition pour la promotion industrielle du département d’Hiroshima. De son dôme ovale et de ses façades bombées, il ne reste que l’ossature métallique noircie, des poutres tordues et des murs en ruine. La bombe explosa à 160 mètres au sud-est du dôme. Les constructions alentour furent pulvérisées mais l’édifice, du fait qu’il subit le souffle de l’explosion presque à la verticale, resta en partie debout. En décembre 1996, le monument a été inscrit au Patrimoine mondial de l’Unesco.

Parc du Mémorial pour la paix

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Aménagé dans les années 1960 par l’architecte Tange Kenzo, ce parc s’étend sur 12 ha au centre de la ville. Il abrite de nombreux monuments en mémoire des 140 000 victimes de l’explosion atomique, dont le musée du Mémorial de la paix et le Cénotaphe.

Le cénotaphe aux victimes du bombardement : construit également par Tange Kenzo, cette arche coiffe un tombeau où sont inscrits les noms de toutes les victimes qu’accompagne cette épitaphe : « Puissent les âmes reposer ici en paix, pour que l’enfer ne soit pas répété ». De l’autre côté du bassin, une flamme pour la paix brûle, destinée à rester allumer jusqu’à la fin des armes nucléaires dans le monde.

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Le musée du Mémorial pour la paix : dessiné lui aussi par Tange Kenzo, ce musée montre les conséquences de l’explosion de la bombe au travers d’une large collection de photographies et d’objets ayant appartenu aux victimes. L’un des deux bâtiments présente une reconstitution frappante des ruines après le cataclysme ; tout y est minutieusement décrit. Le musée dresse aussi un panorama de Hiroshima avant et pendant la guerre. Une visite instructive et bouleversante.

Où manger ?

Nous avons dîné dans une des institutions de Hiroshima : Okonomi-mura. Il s’agit d’un ensemble de 27 restaurants installés aux 2e, 3e et 4e niveaux de l’immeuble Shintenchi Plaza, derrière le grand magasin Parco. Tous ont pour spécialité le Hiroshima-yaki. Un délice !

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Sources : 

  • Duras Marguerite, Hiroshima mon amour, folio, 1972.
  • Japon, Lonely planet, 2008.
  • Japon, National Geographic.
  • Japon, Guide vert, 2009.
  • Sabouret Jean-François, Japon, peuple et civilisation, La découverte, 2004.

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